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Fès, lentement

Par La rédactionAvril 2026·7 min de lecture

Choisir trois lieux par jour et les laisser se déplier.

Fès, lentement

Trois lieux par jour. C’est la règle que je donne à chaque voyageur qui part à Fès. Pas cinq. Pas six. Trois. Parce que Fès ne se traverse pas, elle se dépose.

La médina de Fès el-Bali est la plus grande au monde encore habitée. Neuf mille ruelles. On n’en fait pas le tour ; on en prend une poignée, chaque jour, et on les laisse se replier autour de soi. Une médersa au matin, une tannerie à midi, une terrasse au soir.

La médersa Bou Inania peut occuper une heure entière si vous la regardez vraiment. Les zelliges, la calligraphie coufique, le bois de cèdre sculpté. Les proportions du patio. La fontaine au centre. Ne pas sortir tout de suite. S’asseoir.

Les tanneries Chouara se visitent d’en haut, depuis une boutique de maroquinerie qui donne sur la cour. Le marchand vous offrira une branche de menthe pour l’odeur, vous expliquera les bains colorés, puis vous montrera ses sacs. C’est une chorégraphie, vieille de mille ans.

Le soir, montez aux collines des Mérinides. La vue sur la médina au crépuscule, c’est l’un des rares moments où Fès se laisse voir dans son entier.

Trois lieux par jour. C’est la règle que je donne à chaque voyageur qui part à Fès.

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