On vient au désert avec des images. Le chameau, la dune orange, le coucher de soleil. Ces images existent, évidemment. Mais elles ne sont pas ce qui reste une fois rentré.
Ce qui reste, c’est le silence. Un silence qu’on n’entend nulle part ailleurs, même pas en haute montagne. À Erg Chebbi, quand on s’écarte de cinq minutes du bivouac, il n’y a plus rien. Pas de vent, pas d’oiseaux, pas de moteurs. Juste le bruit de votre propre respiration.
Ce qui reste, c’est aussi le ciel. Pas celui des cartes postales, plus beau. Un ciel où les étoiles sont si nombreuses qu’elles forment un voile, pas une constellation. La Voie lactée n’est plus une abstraction : elle traverse le dôme au-dessus de vous.
Et ce qui reste surtout, c’est la rencontre avec les familles nomades. Elles habitent encore cette région, élèvent des chèvres, déplacent leur tente au gré des puits. Un thé partagé avec elles vaut tous les musées d’ethnographie.
Le désert ne vous apprend rien de spectaculaire. Il vous apprend à ralentir. C’est peut-être ce dont on a le plus besoin.
“ Le désert ne vous apprend rien de spectaculaire. Il vous apprend à ralentir. ”


